Quels sont les effets d’un excès de pluie sur les plantes

Lors de ce printemps 2017, la pluie et la fraicheur n’auront épargné aucune région de France. Et avec toute cette eau pourtant bienvenue pour les nappes phréatiques, contrairement à ce que l’on pourrait croire les plantes souffrent. L’excès de pluie provoque à la fois des problèmes physiologiques directs et indirects pour les plantes ainsi que des effets sanitaires par le développement de maladies fongiques (champignons).

La pluie abondante a une première action sur le sol et notamment sur les semis au potager. En venant frapper violemment le sol, les gouttes de pluie forment ce que les agronomes appellent une croute de battance. Cette croute de surface durcissant au moindre rayon de soleil et coup de vent est extrêmement dure et gène considérablement la germination des frêles plantules. Cela peut être source d’échecs pour un semis. Beaucoup de jardiniers n’ont pas vu la levée des graines qu’ils avaient si soigneusement semé ce printemps. Facteur aggravant les sols préparés par les jardiniers pour cette opération présentent une terre fine favorisant la battance. La solution était de placer des tunnels maraichers en plastique pour protéger le sol et les semis. Mais encore faut-il le prévoir à l’avance.

De nombreux arbustes ont vu certains de leurs jeunes rameaux mourir causé par une asphyxie racinaire. C’est très rare et je crois n’avoir jamais vu cela pour des plantations en peine terre et sur des végétaux déjà bien implantés. J’ai personnellement observé le phénomène sur cerisier à fleur et Bignone (Campsis) dans mon propre jardin pourtant doté d’une terre fort peu asphyxiante et caillouteuse. Dans le sol l’eau chasse l’air et induit une carence en oxygène au niveau des racines pouvant mener à la mort de ces dernières avec pour conséquence, en surface, le flétrissement des rameaux. Ce qui est paradoxal c’est que la plante présente les mêmes symptômes qu’un manque d’eau (flétrissement, arrêt de croissance,..).

Autre conséquence plus indirecte, l’abondance des pluies et de l’eau dans les sols calcaires provoque des chloroses. En effet l’eau dissout le calcaire présent dans le sol, ce dernier se trouvant alors en excès dans la solution du sol. Or le calcium bloque l’assimilation du fer par les racines, élément indispensable à la synthèse de la chlorophylle (c’est ce qui rend les feuilles vertes). Il se produit alors une carence ferrique induite, car le sol est suffisamment pourvu en fer, mais la plante d’arrive pas à l’absorber. Conséquence les feuilles prennent un aspect particulier: elles jaunissent plus ou moins, mais les nervures restent vertes, symptôme d’une chlorose (ici sur un jeune althéa – photo).

Enfin l’abondance de pluie favorise l’apparition de maladies cryptogamiques sur de nombreuses plantes (oïdium, mildiou, rouille, pourriture grise, etc.). Les limaces et les pucerons s’en donnent également à cœur joie, car les végétaux sont bien verts et tendres donc très appétissants…

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